Êtes-vous une personne dépendante ?

Avant de lire cet article de Lise Bourbeau , voici un test qui vous aidera à répondre à cette question.
Je vous suggère de prendre le temps nécessaire pour bien répondre à chacune des questions suivantes.

Répondez avec un des mots suivants :
JAMAIS – PARFOIS – SOUVENT – TOUJOURS

Je change d’idée lorsque quelqu’un que j’estime a une opinion différente de la mienne.
J’ai de la difficulté à me décider sans l’accord ou l’avis de quelqu’un.
Je veux être reconnu lorsque je me dévoue pour quelqu’un.
J’ai besoin qu’on me complimente pour croire que j’ai bien agi.
J’ai besoin d’être extraordinaire avant de me complimenter.
Je perds mon intérêt pour ce que j’ai à faire lorsque je suis seul.
J’ai besoin d’ouvrir la radio ou la télévision dès que j’arrive chez moi.
Je me sens abandonné ou rejeté lorsqu’on ne s’occupe pas de moi. Je recherche leur attention.
J’attire les gens à problèmes. Ils se confient facilement à moi en cherchant de l’aide de ma part.
Je sens qu’il ne me reste plus de temps pour moi. Je suis trop occupé à faire des choses pour les autres.

Donnez-vous les points suivants:
Jamais = 0
Parfois = 1
Souvent = 3
Toujours = 5

40 à 50 points = très dépendant
20 à 40 points = moyennement dépendant
10 à 20 points = peu dépendant
0 à 10 points = félicitations, vous avez beaucoup d’estime pour vous-même

Je vous suggère de faire remplir ce questionnaire par quelqu’un qui vous connaît beaucoup pour vérifier vos réponses car, parfois, notre ego nous joue des tours et nous avons de la misère à nous voir tel que nous sommes d’une façon objective.

Que veut dire “Être une personne dépendante” ?
On peut affirmer qu’une personne est dépendante lorsqu’elle ne peut se réaliser sans l’action ou l’intervention d’une autre personne. Elle se place, de la sorte, sous l’autorité de cette personne. On peut conclure que la dépendance se situe au niveau affectif parce que son bonheur ne peut être complet que lorsqu’elle affecte ou est affectée par une autre personne.

Pourquoi devient-on dépendant ?
C’est très simple; on ne s’aime pas assez. On manque d’estime pour soi-même et on développe une pauvre image de soi. Un autre facteur important est le manque de responsabilité. La plupart des parents, ne connaissant pas la loi spirituelle de la responsabilité voulant que chaque personne soit le propre créateur de sa vie, ne peuvent pas l’enseigner à leurs enfants. Ignorant cette grande vérité, nous avons cru, étant jeunes, que les autres étaient responsables de notre malheur ou de notre bonheur. Alors, lorsqu’il n’y a personne pour répondre à nos besoins affectifs, nous devenons des personnes en manque d’affection et en attente envers les autres, situation hautement désagréable et inconfortable.

Voici donc les étapes que nous passons pour devenir dépendants :

  • L’enfant vit un manque affectif. Cela ne veut pas dire que les parents de cet enfant ne l’ont pas aimé. Le manque est réel du point de vue de l’enfant parce qu’il a été enregistré ainsi dans sa mémoire, selon sa propre perception et son senti.
    Ce manque fait vivre une douleur à l’enfant qui est enregistrée dans ses corps physique, émotionnel et mental.
  • L’enfant décide de croire que ce manque lui est imputable, c’est-à-dire il croit qu’il n’est pas assez aimable, pas assez important pour qu’on s’occupe de lui selon ses désirs. Il s’accuse de manquer de quelque chose en lui et que c’est pour cette raison que les autres ne s’intéressent pas assez à lui. Il entretient une très pauvre image de lui et se replie sur lui-même un peu plus chaque jour.
  • Pour survivre, il décide de tout faire pour arrêter cette douleur incessante. Il adopte un comportement qui n’est pas vraiment le sien. Il devient ce que les autres aimeraient qu’il soit.
  • Il trouve un dérivé physique qui l’aide à moins ressentir le stress de la douleur vécue. Ce dérivé l’aidera à créer une illusion de plénitude pour remplir le vide ressenti causé par le manque. Il devient convaincu que le bonheur recherché doit venir de l’extérieur. Une personne dépendante ne peut se passer d’un substitut (dérivé physique) pour remplir son vide affectif.
  • Les substituts suivants sont les plus populaires:
    La cigarette
    L’alcool
    Les drogues et médicaments
    Le café ou thé
    Le sucre (bonbons, chocolat, biscuits, desserts, etc.)
    Les boissons gazeuses (cola, etc.)
    La télévision, radio, téléphone
    Les sports
    La lecture
    Le sexe
    L’ordinateur, l’Internet
    Pour vérifier si vous ne pouvez vous passer de ces substituts, je vous suggère de vous abstenir de l’un d’eux pendant une semaine. Si au bout de la semaine, vous n’avez pas ressenti de manque ou de souffrance, cela signifie que ce n’est pas une dépendance, mais plutôt une préférence ou une habitude.

Cet exercice vous aidera à devenir conscient de votre degré de dépendance. Par exemple, si vous ne pouvez vous passer de sucre pour plus d’une journée, votre dépendance au sucre est plus grande que si vous vous en abstenez pendant cinq jours. Par contre, cet exercice est nul si vous vous contrôlez. Aussitôt que vous sentez le manque, si vous vous forcez à continuer à vous en abstenir, votre dépendance ne sera pas amoindrie.

La vraie dépendance n’est pas le sucre ou tout autre substitut utilisé; elle est affective. Si vous réalisez que vous êtes dépendant de plusieurs substituts physiques, c’est une indication que votre dépendance affective est forte. Il existe différentes formes de dépendances affectives, les voici:

Accord ou opinion des autres :
On peut rechercher l’amour des autres en croyant que, lorsqu’ils sont d’accord avec nous, ils nous indiquent ainsi qu’ils nous aiment. Une personne pense ainsi parce qu’elle n’a pas confiance en sa propre opinion. Elle a trop peur de se tromper. Cela est une conséquence de son manque d’estime. Il se peut aussi que ce soit une personne qui change d’idée ou qui se remet en question aussitôt qu’une autre personne lui exprime son désaccord ou qui n’a pas la même opinion qu’elle dans son choix ou sa décision.

Reconnaissance et remerciement :
Le genre de personne à être dépendante de la reconnaissance est celui qui croit ne jamais en faire assez pour être aimé. Elle se dévoue surtout pour être reconnue. Aussitôt qu’on la reconnaît, elle se sent énergisée et aimée. Son manque affectif est momentanément comblé.

Compliments :
La personne qui a besoin de compliments pour se sentir aimée est celle qui ne se croit pas suffisamment bonne. Elle doute facilement d’elle-même. Elle se compare souvent, avec ce qu’elle considère être mieux qu’elle, et elle éprouve beaucoup de difficultés à se faire elle-même des compliments. Elle est du genre à essayer d’impressionner les autres.

Présence :
Nombreuses sont les personnes qui ne peuvent demeurer seules pendant plusieurs heures, encore moins une semaine, et se sentir bien. Ce genre de personne se sent facilement rejeté, abandonné et isolé des autres. Pour elle, la présence d’une personne est une marque d’amour et d’affection. S’il y a une présence dans la maison ou pas trop loin, elle se sent bien. Dès qu’elle est seule, elle perd intérêt à tout. Ce qui l’intéresse à deux devient ennuyant lorsque seule. Elle tourne souvent en rond quand elle est seule. Aussitôt qu’elle est avec quelqu’un d’autre, elle reprend contact avec son énergie. Une personne vivant seule peut se retrouver dans cette catégorie car la radio ou télévision sert de remplacement. Le téléphone peut aussi jouer le rôle.

Attention :
Une personne peut dépendre de l’attention des autres en plus de leur présence, ce qui dénote un plus grand degré de dépendance. Celle qui a besoin d’attention, recherche par tous les moyens possibles qu’on lui parle et qu’on s’occupe d’elle. Elle cherche sans cesse à se valoriser à travers l’autre, car elle ne peut le faire seul. Elle ne sait pas quand arrêter de parler ou quand partir lorsqu’elle rend visite à quelqu’un. Elle est souvent encombrante.

Se sentir utile :
La personne qui est dépendante de se sentir utile est celle qui aime bien se croire indispensable au bonheur des autres. Elle est donc attirée par des personnes à problèmes multiples qui sont d’ailleurs portées à se confier à elle. C’est une personne qui aime “faire” pour les autres. Elle croit sincèrement qu’on doit s’oublier pour les autres. Elle a donc de la difficulté à reconnaître ses propres besoins. Même si parfois elle se plaint que les autres profitent d’elle, cela ne l’empêche pas de continuer à vouloir être utile. Ceci l’aide à combler le vide créé par son manque d’amour pour elle-même.

Être dirigé ou dominé :
Certaines personnes ne peuvent être bien si elles ne sont pas dirigées par d’autres. Ça ne veut pas dire qu’elles sont nécessairement soumises. Pour ce genre de personne, lui dire quoi faire, comment le faire et pourquoi le faire est une marque d’amour. Elle manque de confiance en ses propres décisions. Ceci affecte donc l’estime qu’elle se porte et a donc besoin de se sentir estimé par les autres pour combler son manque affectif.

Comme vous voyez, on exprime notre dépendance de plusieurs façons. Si vous vous retrouvez dans plusieurs de celles-ci, ceci indique que vous faites beaucoup de pirouettes pour être aimé et qu’il est grand temps que vous commenciez à vous aimer tel que vous êtes plutôt que de dépenser autant d’énergie à essayer d’être aimé.

Degré de la dépendance physique = Degré de la dépendance affective = Degré du manque d’amour pour soi

Quelles sont les conséquences d’être dépendant ?

Les trois corps du corps matériel de l’être humain sont affectés. Le corps mental est mal utilisé car il sert à entretenir plusieurs fausses croyances sur soi, telles que décrites plus haut. Ces croyances génèrent des peurs, de l’angoisse, de la culpabilité, de la colère, des déceptions, du ressentiment et même la haine pour soi ou les autres. Le corps émotionnel est aussi bloqué car la personne dépendante écoute rarement ses propres désirs et besoins. Tous les moments utilisés à tenter d’être aimée l’empêchent d’être elle-même. Lorsque quelqu’un d’autre vient combler sa dépendance ou lorsqu’elle fait du transfert dans une dépendance physique parce qu’elle ne trouve personne pour combler sa dépendance, elle vit dans l’illusion du bonheur. Quant au corps physique, il est affecté chaque fois qu’une personne remplit son vide intérieur par l’un des substituts mentionnés auparavant. Elle ne donne pas à son corps physique ce dont il a réellement besoin pour être en santé. Elle use donc ce dernier avec le stress, le rend fatigué et finalement le rend malade. Par contre, lorsque vous devenez conscient d’une dépendance physique, je vous suggère fortement de dire merci à votre corps car il vous aide à découvrir que vous êtes dépendant affectif et vous aide de plus à diminuer le stress relié à la douleur affective.

Que peut-on faire pour diminuer sa dépendance ?

Lorsque vous devenez conscient d’une dépendance physique, tel un grand besoin de sucre, prenez le temps de remarquer ce qui manque affectivement dans votre vie lorsque cette envie de sucre est forte. Est-ce un manque d’accord, de reconnaissance, de présence, d’attention, de vous sentir utile ou d’être dirigé par un autre? Cela vous permet de faire un lien entre la dépendance physique et la dépendance d’une autre personne pour être bien. (Un petit rappel: Pour devenir conscient d’une dépendance physique, il s’agit de vérifier combien de temps on peut s’en passer sans qu’il y ait une souffrance provoquée par ce manque.) Prenons comme exemple une personne avec les deux dépendances suivantes : la télévision pour combler son manque de présence et le sucre lorsqu’elle manque de reconnaissance. Au moment où elle s’aperçoit qu’elle mange du sucre, elle saura tout de suite qu’elle manque de reconnaissance. Lorsqu’elle ne peut se passer de la télévision, elle saura qu’elle a besoin d’une présence pour être heureuse. Si c’est votre cas, trouvez un moyen de vous reconnaître ou de vous remercier vous-même. Si vous en êtes incapable, je suggère à ce moment-là de demander à quelqu’un d’autre de le faire pour vous. Le fait d’avouer à quelqu’un que vous avez découvert votre dépendance affective ainsi que les moyens que vous utilisez pour la combler, vous aidera grandement à vous rétablir. Je vous rappelle que l’étape la plus importante pour qu’il y ait une transformation éventuelle consiste à vous donner le droit d’être dépendant au niveau affectif (et physique) pour le moment. Si vous essayez de vous contrôler dans votre dépendance physique parce que vous ne l’acceptez pas, ceci signifie que vous ne vous donnez pas le droit d’être dépendant affectif. Ne pas s’en donner le droit est le meilleur moyen pour continuer à être dépendant. Plus on veut changer quelque chose et moins ça change. Plus on accepte un état en s’en donnant le droit (même sans être d’accord) et plus ça change. Pourquoi ? Parce que se donner le droit est une marque d’amour pour soi et cet amour a un pouvoir de guérison plus rapide que n’importe quel autre moyen. Vous reprendrez graduellement contact avec la personne merveilleuse que vous êtes et vous aurez de plus en plus d’estime pour vous-même. Donnez-vous le temps d’y arriver. Tous les humains sont dépendants à différents degrés. Nous sommes tous ici pour apprendre à nous aimer davantage. Donc, donnez-vous le droit d’être humain avec ses manques temporaires.

Lise Bourbeau

Pour aller plus loin, je vous suggère de suivre la masterclass inédite de Lise Bourbeau sur la plateforme MENTORSHOW

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